Editos - Emploi

RESSOURCES HUMAINES ET RESSOURCES DE L’HOMME

Il est loin le temps où le serf était attaché à la terre.

Il est révolu le temps du nationalisme étroit et protectionniste qui limitait et contrôlait les mouvements des richesses et des hommes.

Il est en voie de révolution le temps de l’Europe avec sa préférence communautaire, son espace policier, ses frontières externes passoires, ses ambitions unitaires toujours différées.

La mondialisation bouscule les mœurs, déplace les populations, délocalise les entreprises, fait tourbillonner le commerce, affole les capitaux.

Principe de précaution oblige. Des voix s’élèvent pour protéger notre économie. 

On sait pourtant que le protectionnisme conduit à la stagnation, préserve les situations acquises, interdit le progrès à ceux dont l’ascendance en a toujours été privée.

Personne n’est seul au monde, rien ne peut légitimer d’interdire aux uns ce qui est permis à d’autres. Si l’on doit définir des règles, il faut s’attacher à ce qu’elles s’appliquent partout et par tous.

Il est vain de geindre et de s’indigner. Ce qui fut délibérément lancé, accompli, est maintenant irréversible. Force est de constater que la mondialisation est là. Notre seul choix est de nous en accommoder, de nous organiser pour pallier ses conséquences indésirables.

La géographie et la démographie commandent.

Les principaux moyens de la France sont constitués par ses espaces terrestres ou maritimes et par ses ressources humaines.

Il est dans le désordre des choses que les entreprises et les emplois tendent à suivre les grandes masses humaines. Il est naturel que les hommes cherchent à se déplacer vers les zones de prospérité actuelle, potentielle ou supposée.

Nulle régulation spontanée ne peut résorber les tensions migratoires qui meuvent les hommes, déplacent les capitaux, délocalisent l’économie.

L’évolution des techniques périme les savoir-faire. Au cours de sa vie professionnelle chacun doit changer plusieurs fois de métier s’il ne veut pas être débarqué de l’emploi et relégué au rang des malaimés de la société
Les engouements sont toujours plus forts et plus rapides que les actions politiques qui prétendent les endiguer.

Certes sur le long terme toutes les variations finissent par s’opposer aux causes qui leur ont donné naissance. Mais le long terme n’existe pas en politique, la vie humaine est courte, l’anticipation n’existe que dans les regrets.

Et pourtant il faut vivre. L’individu doit trouver du travail maintenant. L’entreprise doit recruter et débaucher en fonction de son activité et non pour obéir à des mots d’ordre.

La gestion des ressources humaines est un problème global qui ne peut être résolu que par actions de multiples intervenants, ponctuelles mais coordonnées. 

C’est une immense difficulté d’assurer le concours de toutes les politiques, de toutes les pratiques, de toutes les parties prenantes de la gestion des ressources humaines.

Démographie, structures familiales, enseignement, formation professionnelle, immigration, émigration, économie, constituent un entrelacs menacé d’incohérence.

L’interventionnisme des pouvoirs publics et la collectivisation des difficultés individuelles compliquent et imbriquent les problèmes.

Il n’y a guère que les administrations qui puissent tracer des perspectives, recruter du personnel pour quarante ans, le rendre inamovible par ses statuts, le laisser à ses enracinements. Le déterminisme des cursus entretient des aspirations et des convoitises que ne peuvent satisfaire des petites structures. Ce modèle n’est pas généralisable.

Les meilleures intentions collectives auront toujours moins de prise sur les réalités que l’individu qui est le véritable gestionnaire de ses propres ressources. La réussite dépend de la juste et haute idée que chacun gagne à se faire de lui-même.

Aime-toi et le ciel t’aimera.

Pierre Auguste
Le 10 août 2016